Le verset pose la distinction en une phrase : « Allah a rendu licite le commerce et illicite l’intérêt » (Coran 2:275). Les versets qui suivent emploient les termes les plus sévères du Coran en matière de transaction. Un hadith rapporté par Mouslim va dans le même sens et vise toute la chaîne : celui qui consomme l’intérêt, celui qui le verse, celui qui rédige l’acte et les deux témoins — « ils sont tous égaux ». Sur le principe, il n’existe aucune divergence entre les écoles : c’est l’un des points les plus fermement établis de la jurisprudence.

La raison que donnent les savants éclaire la règle. En islam, un gain doit venir d’un travail, d’un service rendu, ou d’un risque réellement partagé. L’intérêt fait naître de l’argent à partir de l’argent, sans effort ni risque : celui qui prête est certain de recevoir davantage, quoi qu’il arrive à celui qui emprunte, y compris si ce dernier se ruine. C’est pour cela que le commerce est encouragé — on achète, on stocke, on revend, on peut perdre — alors que l’intérêt est refusé. Les juristes en distinguent classiquement deux formes : l’excédent dans l’échange de biens de même nature, et l’augmentation exigée en contrepartie d’un délai.

Et maintenant la limite de cette page, qui compte autant que le reste. Cette fiche explique un principe. Elle ne se prononce sur aucune situation particulière — ni sur un crédit immobilier, ni sur un compte bancaire, ni sur une assurance, ni sur un placement. Ces questions-là divisent réellement les savants, y compris parmi les plus qualifiés : plusieurs conseils européens ont autorisé certains montages sous conditions pour les musulmans vivant en Occident, d’autres autorités les refusent.

Un engagement sur vingt ans ne se décide pas d’après une page web. Pour ta situation, adresse-toi à un savant ou à un organisme spécialisé : c’est le seul conseil honnête que nous puissions te donner.