La chicha bénéficie d’une image douce — fruitée, conviviale, orientale — que la science contredit brutalement : une session d’une heure fait inhaler un volume de fumée équivalent à des dizaines de cigarettes selon l’OMS, avec monoxyde de carbone, goudrons et métaux lourds. L’eau ne filtre pas ce qui compte.

Le raisonnement des savants contemporains est donc le même que pour la cigarette : nocivité établie → interdiction (ou détestation forte au minimum). Le fait qu’elle soit occasionnelle chez certains atténue le volume, pas le principe — et la dimension sociale (bars à chicha) ajoute souvent des environnements que les mêmes savants déconseillent.

Ironie culturelle à connaître : la chicha n’a rien d’islamique — c’est une habitude sociale ottomane et indienne que les savants de ces mêmes époques critiquaient déjà. La convivialité orientale a mille autres supports : thé à la menthe, café, dattes — le plateau sans le goudron.