C’est l’une des premières inquiétudes des convertis, et la réponse est rassurante : rien n’oblige à changer de prénom. Des compagnons du Prophète ont gardé le leur après leur conversion, et le point n’a jamais été posé comme une condition de la validité de l’islam de quelqu’un.

Le seul cas où un changement est recommandé concerne le SENS du prénom : celui qui signifie la servitude à autre qu’Allah, ou qui porte un sens ouvertement désagréable. Il est rapporté que le Prophète a changé certains prénoms de ce type, en les remplaçant par un sens meilleur. La quasi-totalité des prénoms français courants ne tombe dans aucune de ces catégories.

Un point que les savants rappellent souvent, et qui va dans l’autre sens : le lien de filiation ne se coupe pas. On garde le nom de son père, même non musulman — les textes sont explicites sur le fait de ne pas s’attribuer une autre ascendance. Ajouter un prénom d’usage entre proches est possible et pratiqué ; effacer sa famille, non.

Le conseil pratique le plus utile, en France : un changement d’état civil est une démarche longue et rarement nécessaire. Beaucoup de convertis gardent leur prénom officiel et se font appeler autrement dans la communauté, sans que personne y trouve à redire. Si le sens de ton prénom te pose question, c’est une conversation à avoir avec un savant ou l’imam de ta mosquée — il connaîtra le cas.