Deux précisions d’abord, car elles écartent la moitié des malentendus. Seules deux paires peuvent être regroupées : Dohr avec Asr, et Maghrib avec Icha. Le Fajr ne se regroupe jamais avec quoi que ce soit, et on ne regroupe pas Asr avec Maghrib. Le regroupement fait par ailleurs l’objet d’un accord unanime dans un cas précis : à Arafat et à Mouzdalifa, pendant le pèlerinage.
En voyage, la majorité des savants l’autorisent. L’école hanafite fait exception : elle réserve le regroupement au pèlerinage et recommande sinon le jam‘ dit « de forme » — accomplir la première prière à la fin de son créneau et la suivante au début du sien, ce qui les rapproche sans sortir des horaires. C’est d’ailleurs une solution élégante que beaucoup adoptent en France sans savoir qu’elle porte un nom.
En résidence, le débat est réel. Il s’appuie sur un hadith rapporté par Mouslim, où Ibn ‘Abbâs indique que le Prophète ﷺ a regroupé à Médine « sans peur et sans voyage ». Les savants l’interprètent différemment : la pluie, la maladie, ou plus largement le fait d’épargner une gêne sérieuse à la communauté — l’école hanbalite étant la plus large sur ce point.
Ce que cela ne signifie pas : que l’on peut regrouper par simple commodité. Avant d’en arriver là, regarde si prier sur ton lieu de travail est réellement impossible ; c’est faisable bien plus souvent qu’on ne le croit, et notre fiche sur la prière au travail donne des solutions concrètes.
Pour une contrainte précise — horaires postés, bloc opératoire, chantier —, expose-la à un savant plutôt que de trancher seul.