Question immense pour tous ceux qui reviennent à la pratique. La position des quatre écoles : les prières obligatoires manquées restent une dette — on les rattrape (qada), même des années après, en plus du repentir. Méthode concrète répandue : ajouter à chaque prière du jour une prière de rattrapage du même type (chaque dhuhr, un dhuhr de dette), jusqu’à épuisement de l’estimation — des années se rattrapent ainsi en quelques années, sans écraser personne.
Un avis divergent existe, notamment chez Ibn Taymiyya et Ibn Hazm : la prière délibérément abandonnée ne se « rattrape » pas techniquement — le repentir sincère, la régularité parfaite désormais et l’abondance de prières surérogatoires en tiennent lieu. Cet avis, suivi par certains savants contemporains, soulage ceux que l’estimation d’une dette de quinze ans paralyse.
Ce que les deux avis partagent : l’essentiel est le retour immédiat et définitif à la prière — aujourd’hui, pas au prochain Ramadan — et la sincérité du repentir. Estime ta dette sans obsession maladive (une évaluation raisonnable suffit), choisis ta méthode avec un imam qui te connaît, et souviens-toi que la porte du repentir efface ce que la comptabilité n’atteindra jamais.