C’est l’une des rares questions où la réponse est nette et rassurante. Le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui oublie une prière ou dort au point de la manquer, qu’il la prie dès qu’il s’en souvient ; il n’y a pas d’autre expiation que cela » (rapporté par Boukhari et Mouslim). Tu te réveilles, tu fais tes ablutions, et tu pries le Fajr — même s’il est huit heures, même s’il est midi. La prière est valide et complète.
Deux précisions qui reviennent souvent. D’abord, on prie IMMÉDIATEMENT au réveil : l’interdiction habituelle de prier au moment du lever du soleil ne concerne pas les prières de rattrapage, c’est la position de la majorité. Ensuite, on la prie telle qu’elle est — deux unités pour le Fajr, à voix haute ou basse selon l’usage, sans rien y ajouter en compensation. Beaucoup de savants recommandent aussi de faire les deux unités surérogatoires du Fajr avant, comme on l’aurait fait à l’heure.
Là où la responsabilité existe, c’est en amont. Le sommeil n’est pas un péché ; la négligence en est un. Se coucher tard en sachant qu’on ne se lèvera pas, ne mettre aucun réveil, l’éteindre et se rendormir sciemment : c’est cela que les savants distinguent du sommeil profond de quelqu’un qui a pris ses précautions. Les remèdes sont concrets et connus : dormir plus tôt, poser le téléphone loin du lit pour devoir se lever, demander à quelqu’un d’appeler, et pour les périodes difficiles, un second réveil décalé de dix minutes. Si le retard devient une habitude qui pèse, parles-en à un imam plutôt que de laisser la culpabilité s’installer.