La permission vient directement du Coran : « Si vous ne trouvez pas d’eau, recourez à une terre pure et passez-en sur vos visages et vos mains » (Coran 5:6, et dans un sens proche 4:43). Les situations visées sont plus larges qu’on ne le croit : absence d’eau, mais aussi eau en quantité juste suffisante pour boire, maladie ou blessure qu’elle aggraverait, froid extrême sans moyen de se réchauffer, ou impossibilité d’y accéder. Le tayammum remplace alors les petites ablutions, et il remplace aussi la grande ablution.

La méthode retenue par la majorité tient en quatre gestes : l’intention, une frappe des deux paumes sur une surface propre de la terre, l’essuyage du visage, puis l’essuyage des mains. Sur deux points, les écoles divergent réellement, et il faut le dire plutôt que de trancher : l’étendue de l’essuyage des mains — jusqu’aux poignets pour la majorité, jusqu’aux coudes chez les hanafites et les malikites — et le nombre de frappes, une seule pour beaucoup, deux pour d’autres. Suis l’usage de ton école ou de ta mosquée ; les deux pratiques sont défendues par des savants.

Quelques points pratiques. La surface : terre, sable, pierre, mur non peint, poussière déposée — la condition d’une poussière visible fait elle-même l’objet d’avis différents. Le tayammum s’annule par ce qui annule les ablutions, et surtout dès que l’eau redevient disponible et utilisable. Enfin, ce n’est pas une solution de confort : quelqu’un qui a de l’eau à quelques pas ne s’en dispense pas. En cas de blessure ou de plâtre, une autre voie existe — l’essuyage sur le pansement — et c’est à un savant qu’il faut poser la question de ta situation exacte.