La réponse tient dans une distinction que le Coran pose explicitement. L’adoption qui efface l’ascendance — l’enfant devient juridiquement le fils ou la fille d’un autre, son père d’origine disparaît de son état civil — a été abolie : « Il n’a pas fait de vos enfants adoptifs vos propres enfants […] Appelez-les du nom de leur père : c’est plus équitable auprès d’Allah » (sourate 33, versets 4 et 5). La raison n’est pas un manque de générosité, au contraire : il s’agit de ne jamais couper un enfant de son histoire, de son nom et de ses liens de sang.

Recueillir un enfant, en revanche, est parmi les actes les plus loués. Le Prophète ﷺ a dit : « Moi et celui qui prend en charge un orphelin serons ainsi au Paradis », en joignant l’index et le majeur (Boukhari). C’est ce qu’on appelle la kafala : tu accueilles l’enfant, tu l’élèves, tu le nourris, tu l’aimes, tu réponds de lui — et il garde son nom et sa filiation. Concrètement, tout ce qui fait un parent au quotidien t’appartient ; seule l’identité d’origine de l’enfant reste la sienne.

Deux questions concrètes reviennent toujours. La première est juridique : en France, l’adoption plénière et la kafala ne sont pas la même procédure et n’ont pas les mêmes effets. C’est un dossier à monter avec un professionnel du droit de la famille, et la transmission du patrimoine se prépare avec un notaire — n’improvise pas sur ce terrain.

La seconde touche la vie de famille : un enfant recueilli ne devient pas automatiquement mahram en grandissant. La solution classique, quand l’enfant est accueilli tout petit, est l’allaitement (radâ‘a), qui crée un lien de lait reconnu ; sinon, les familles appliquent les règles habituelles à l’adolescence.

Là encore, expose ton cas précis à un savant : les situations sont trop différentes pour une règle unique.