Oui, et les savants contemporains sont très largement d’accord. Le principe est posé par un hadith connu : « Ô serviteurs d’Allah, soignez-vous, car Allah n’a pas fait descendre de maladie sans faire descendre son remède » (Tirmidhi, Abou Dawoud). Rien n’exclut la souffrance psychique de cette règle : dépression, anxiété, deuil, traumatisme, troubles obsessionnels se soignent, comme un diabète ou une fracture.
À dissiper d’emblée : consulter n’est pas un manque de foi. Le Prophète ﷺ lui-même a connu l’année de la tristesse ; le prophète Ya‘qûb a pleuré jusqu’à en perdre la vue ; les grands savants ont écrit sur la mélancolie. Souffrir n’est pas un péché, et refuser un soin par orgueil spirituel n’est pas de la piété. La prière, le Coran et le dhikr apaisent le cœur — ils ne remplacent pas un traitement, ils l’accompagnent.
La seule vraie vigilance porte sur le contenu des conseils : un thérapeute qui recommanderait des solutions contraires à ta religion doit être écouté avec discernement, comme on le ferait pour n’importe quel conseil. En pratique, beaucoup de musulmans francophones cherchent un praticien qui comprend leur cadre culturel et religieux — cela existe et facilite le suivi — mais un bon professionnel respectueux de tes valeurs fait très bien l’affaire. Et si l’urgence est là (pensées suicidaires), on appelle le 3114, numéro national gratuit : préserver une vie est un principe majeur de l’islam.