Le mauvais œil (‘ayn) est une réalité en islam : « Le mauvais œil est réel » (Boukhari, Mouslim), et un autre hadith précise qu’il « fait entrer l’homme dans la tombe ». Il naît souvent d’un regard d’admiration ou d’envie, parfois sans mauvaise intention de la personne qui regarde. Le réflexe préventif recommandé : dire « mâ shâ’a-Llâh, tabâraka-Llâh » quand une chose te plaît chez autrui, et invoquer la bénédiction plutôt que d’exprimer une admiration nue.

La protection légiférée est simple et gratuite : les invocations du matin et du soir, la sourate al-Fâtiha, le verset du Trône (âyat al-Kursî) avant de dormir, les trois dernières sourates (al-Ikhlâs, al-Falaq, an-Nâs) soufflées dans les mains puis passées sur le corps — comme le faisait le Prophète ﷺ —, et l’invocation qu’il récitait pour protéger ses petits-fils. La roqya, c’est cela : la récitation du Coran sur soi ou sur un proche. Elle est à la portée de tous, sans intermédiaire.

Ce qui est en revanche écarté par les savants : les amulettes, talismans, fils rouges, « mains de Fatma » portées comme protection, et surtout les voyants, marabouts et désenvoûteurs qui monnaient leurs services — un domaine où l’escroquerie et le charlatanisme prospèrent sur la détresse des gens. Le hadith est sévère envers celui qui consulte un devin. Enfin, une règle d’équilibre : ne pas tout attribuer au mauvais œil. Fatigue, dépression, échecs répétés ont souvent des causes médicales ou matérielles bien réelles — on invoque ET on consulte un médecin.