Le E153, ou charbon végétal médicinal, est le colorant noir des croûtes de fromage, de certains pains à burger, de glaces et de bonbons noirs. C’est aussi le charbon actif vendu en gélules pour la digestion.

Son nom inquiète, et la crainte est légitime : il existe bien un charbon d’origine animale, obtenu en calcinant des os. Mais ce n’est pas celui-ci. La réglementation européenne définit le E153 comme issu de la carbonisation de matière végétale — bois, résidus de cellulose, tourbe, coques de noix de coco. Le noir animal, lui, relève d’un autre numéro et n’est pas autorisé comme colorant alimentaire dans l’Union.

Là où le charbon d’os existe vraiment, c’est ailleurs, et personne n’en parle : dans le raffinage du sucre de canne, où certaines raffineries l’utilisent comme filtre décolorant. Il ne figure sur aucune étiquette, parce que c’est un auxiliaire technologique et non un ingrédient. La bonne nouvelle pour la France : le sucre y est très majoritairement extrait de la betterave, dont le procédé ne fait pas appel à ce filtre.

En pratique : le E153 sur une étiquette européenne ne pose pas de problème. Si le doute porte sur le sucre d’un produit importé, c’est au fabricant qu’il faut poser la question — en lui demandant non pas ses additifs, mais son procédé de raffinage.