La question se joue sur un seul point : s’agit-il de « modifier la création d’Allah », ce qui est blâmé, ou de SOIGNER un défaut, ce qui est permis ? La majorité des savants contemporains et plusieurs académies de jurisprudence retiennent la seconde lecture quand la greffe répond à une calvitie, une alopécie, une brûlure ou un accident : on rétablit un état d’origine, on n’ajoute pas un ornement. Se soigner est encouragé en islam — « Serviteurs d’Allah, soignez-vous » (Tirmidhi, Abou Dawoud).

Le détail technique qui règle presque tout : une greffe moderne est une AUTOGREFFE. On prélève tes cheveux à l’arrière de ton crâne pour les replanter devant. Rien ne vient d’une autre personne. C’est ce qui la distingue du hadith bien connu sur le fait de joindre des cheveux (« Allah a maudit celle qui ajoute des cheveux et celle qui demande qu’on lui en ajoute », Boukhari et Mouslim) : ce texte vise l’ajout de cheveux d’AUTRUI, et donc les extensions, pas le déplacement des siens.

Deux réserves à connaître. D’abord, une minorité de savants reste réticente quand l’intention est purement esthétique, sans perte réelle à réparer — l’intention compte, et la frontière entre soigner et embellir n’est pas toujours nette. Ensuite, un point pratique que personne n’explique : pendant la cicatrisation, les croûtes et le pansement peuvent empêcher l’eau d’atteindre le cuir chevelu lors des ablutions et de la grande ablution. Les savants prévoient ce cas — on essuie sur le pansement quand le laver nuirait à la guérison. Demande à ton chirurgien la durée exacte, et à un savant la règle qui s’applique à ta situation.