La moutarde de Dijon classique est fabriquée avec des graines de moutarde, du vinaigre, de l’eau et du sel. Le vinaigre étant halal pour la majorité des savants, la moutarde classique l’est aussi.

Le piège : certaines recettes — notamment des moutardes « à l’ancienne » premium ou des spécialités régionales — remplacent une partie du vinaigre par du vin blanc, clairement mentionné dans les ingrédients. Celles-ci sont à éviter.

Réflexe : deux secondes sur la liste d’ingrédients. « Vinaigre » = OK, « vin blanc » = on repose. La moutarde des grandes marques en version classique est dans le premier cas.

La phrase « le vinaigre est halal » mérite d’être dépliée, car c’est elle qui règle la question pour la moutarde comme pour beaucoup d’autres produits. Le vinaigre est du vin — ou de l’alcool — qui s’est transformé : l’éthanol est devenu acide acétique, et il ne reste rien de l’effet enivrant. Les savants appellent cela l’istihâla, la transformation de la nature même d’une substance, et le Prophète ﷺ a dit du vinaigre : « Quel bon condiment que le vinaigre » (Mouslim).

La divergence porte sur un point précis : le vinaigre obtenu spontanément fait l’unanimité, tandis que le vin délibérément transformé en vinaigre est permis par l’école hanafite et discuté par d’autres.

Bonne nouvelle pour l’étiquette française : « vinaigre d’alcool » et « vinaigre blanc » ne désignent pas une boisson alcoolisée, mais le vinaigre ordinaire des moutardes et des cornichons.