Les textes classiques visent la fabrication d’images d’êtres animés — statues, peintures — et la raison donnée est presque toujours la même : le risque d’idolâtrie, et l’imitation de l’acte de création. C’est ce raisonnement, et non le mot « image » pris isolément, qui commande la réponse moderne.

La majorité des savants contemporains en tire que la photographie est autre chose : elle capture ce qui existe déjà au lieu de le façonner. Ils l’autorisent donc, avec des réserves qui portent sur le CONTENU et non sur le procédé : pas d’image indécente, pas de photo qu’on vénère ou qu’on accroche comme un culte, et pas de vanité — ce dernier point revient souvent à propos des selfies, non parce que l’appareil serait fautif, mais parce que l’ostentation, elle, est bien un sujet en islam.

La position minoritaire maintient l’interdit et n’admet la photo que par nécessité : papiers d’identité, permis, démarches administratives. Elle est tenue par des savants sérieux, et beaucoup de familles la suivent en évitant d’afficher des portraits chez elles.

Ce qui fait consensus, en revanche, et qui est souvent le vrai sujet : la photo d’autrui ne s’expose pas sans son accord. Publier le visage de quelqu’un — surtout une femme, surtout un enfant — sans qu’il l’ait voulu touche à son droit, et là aucune école ne diverge.