Commençons par ce que cette phrase est vraiment : un avertissement destiné aux personnes allergiques, sur un risque de contact accidentel en usine — un même tapis, une même ligne, un même atelier. Ce n’est pas une ligne d’ingrédients. Si du porc était réellement un ingrédient du produit, il figurerait dans la liste : ça, c’est obligatoire, et c’est précis.
Vient ensuite le point que presque personne ne connaît, et il coupe dans les deux sens. La mention « peut contenir des traces de » est facultative, et aucun seuil chiffré ne la déclenche, ni en France ni en Europe. Un fabricant peut l’écrire dès qu’un risque théorique existe, même minime, par pure prudence juridique. Un autre peut ne rien écrire alors qu’un risque réel demeure. Autrement dit : sa présence prouve peu de chose, et son absence ne prouve rien du tout.
Sur le fond religieux, la distinction que retiennent les savants ne porte pas sur le mot mais sur la nature de la chose : un ingrédient ajouté volontairement n’est pas une trace accidentelle et indétectable. C’est le même raisonnement que ce site applique déjà aux traces de solvant alcoolique dans les arômes — la position largement retenue ne considère pas qu’une trace imperceptible et non voulue rende l’aliment illicite. Un avis plus prudent écarte tout ce qui nomme le porc, quelle qu’en soit la quantité. Les deux existent, et ce n’est pas ce site qui tranchera un choix personnel.
En pratique, le réflexe utile : lis la liste des ingrédients, pas la ligne des traces. L’une est obligatoire et engage le fabricant sur ce qu’il a mis dedans ; l’autre est un avertissement d’usine que rien n’encadre. Pour un produit consommé tous les jours, une certification répond aux deux questions à la fois — elle audite la ligne de production autant que la recette.