Les textes posent deux réalités à tenir ensemble. D’un côté, des hadiths authentiques : les anges n’entrent pas dans une maison où il y a un chien, et celui qui garde un chien sans besoin voit sa rétribution diminuer chaque jour — d’où la position majoritaire : pas de chien de compagnie sans nécessité. De l’autre, les mêmes textes valident explicitement le chien utile : garde, chasse, troupeau — étendus aujourd’hui aux chiens d’assistance (guide d’aveugle, alerte médicale) par les savants contemporains.

Sur la pureté : la salive du chien est impure pour la majorité (lavage rituel en cas de contact avec ustensiles), mais l’école malikite considère le chien vivant comme pur — une divergence classique qui change beaucoup le quotidien de ceux qui en ont un. Toucher un chien n’est en aucun cas un péché ; au pire, on lave avant de prier.

Et un point non négociable dans tous les avis : la maltraitance des animaux est interdite. Le hadith de la femme punie pour avoir enfermé un chat sans le nourrir, et celui de l’homme pardonné pour avoir abreuvé un chien assoiffé (Boukhari), fixent le cadre : celui qui croise un chien errant a le droit — et le mérite — de le nourrir. Ne pas en posséder n’a jamais autorisé à en mépriser un.