Distinguons deux questions. Célébrer Noël en tant que musulman (sapin chez soi, fête religieuse) : la quasi-totalité des savants l’écartent — c’est une fête religieuse d’une autre confession, et l’islam a ses propres fêtes. Là-dessus, peu de débat.
Souhaiter « Joyeux Noël » à un collègue, un voisin, ou le côté non musulman de sa famille est une autre question, réellement débattue. L’avis restrictif (Ibn al-Qayyim, repris par de nombreux savants) y voit une approbation implicite d’un dogme contraire au tawhid. L’avis permissif, porté par plusieurs conseils de fatwa contemporains et savants établis en Occident : une parole de courtoisie envers des gens qui nous souhaitent bien nos fêtes relève de la bienveillance que le Coran recommande envers ceux qui ne nous combattent pas (sourate 60, verset 8) — sans partager leur croyance.
En pratique pour beaucoup de familles franco-musulmanes (mariages mixtes, grands-parents non musulmans), la question est très concrète : maintenir le lien familial est une obligation religieuse, lui. Réponse sereine possible : participer au repas familial sans les rites religieux, formules chaleureuses neutres (« bonnes fêtes », « profite bien de ta famille ») ou vœux directs selon l’avis qu’on suit — les deux positions ont leurs savants.