Le E1510 est l’alcool éthylique. Il n’est pas là pour être bu : il sert de solvant, c’est-à-dire de véhicule pour extraire les molécules d’arôme d’une gousse de vanille ou d’une plante, puis pour les transporter dans le produit fini. L’extrait de vanille en est l’exemple le plus courant.
Ce qui rend la question difficile à vérifier : ce numéro ne figure quasiment jamais sur les étiquettes. Les supports d’arômes n’ont pas à être détaillés ligne par ligne, et le mot « arômes » suffit légalement à les couvrir. On ne le cherche donc pas dans la liste des additifs : on le déduit de la présence d’un arôme extrait.
Sur le fond, les avis se séparent sur un point précis. Ce qui est interdit par consensus, c’est le khamr — la boisson enivrante. Une trace d’éthanol technique, qui ne vient pas d’une boisson et qui ne peut enivrer personne aux quantités présentes, n’est pas la même chose : c’est l’argument de la majorité des organismes contemporains, dont plusieurs retiennent un seuil résiduel — souvent 0,1 % — en-deçà duquel ils certifient. Un avis plus strict écarte tout éthanol ajouté, quelle que soit la quantité.
En pratique : c’est l’une des rares questions où lire l’étiquette ne suffit pas. La certification halal du produit tranche, parce que l’organisme, lui, a accès à la composition des arômes. À défaut, les produits qui affichent « arôme naturel de vanille » sans extrait alcoolique, ou une vanille en poudre, contournent la question.