Le principe de départ est celui de toutes les choses de la vie courante : ce qui n’est pas interdit reste permis. Se divertir n’est pas blâmé en islam, et les savants contemporains considèrent très majoritairement que jouer, en soi, entre dans le licite. La question n’est donc jamais « le jeu vidéo est-il halal », mais « qu’est-ce qu’il y a dedans, et combien de place lui laisses-tu ».
Ce qui fait basculer un jeu du côté du blâmable, selon ce que retiennent les savants : les images dénudées ou les scènes indécentes ; les contenus qui tournent la religion en dérision ou glorifient l’adoration d’autre chose qu’Allah ; les coffres et récompenses payants tirés au sort, que beaucoup rangent du côté des jeux de hasard puisqu’on paie sans savoir ce qu’on reçoit ; et la musique, sur laquelle la divergence entre savants est réelle et ancienne — beaucoup de jeux permettent d’ailleurs de la couper dans les réglages.
Mais le vrai sujet, celui qui revient dans presque toutes les réponses des savants, n’est aucun de ceux-là : c’est le TEMPS. Un jeu qui fait manquer la prière, qui vide les nuits, qui prend la place des études, de la famille ou du sommeil, devient un problème même s’il ne contient rien d’interdit. Les repères pratiques que donnent les imams sont simples et tiennent en trois points : la prière passe avant, toujours, et on s’arrête quand l’heure arrive ; on fixe une durée avant de commencer plutôt qu’après ; et si l’on n’arrive plus à s’arrêter, ce n’est plus un loisir, c’est une dépendance — et cela se traite, sans honte, comme n’importe quelle autre.